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L'Alchimie des talents

Réhabiliter et cultiver le bon sens

28 Août 2009 , Rédigé par Les Auteurs Publié dans #Réflexions

Devant les nombreux excès qui ont contribué à provoquer la crise actuelle, il semble urgent de réhabiliter le « bon sens ». Cette valeur forte recoupe à la fois bon sens dans le raisonnement ou la décision, et éthique dans le comportement. Elle se traduit par des attitudes et des comportements concrets, comme :

- Remettre en question les idées reçues, en faisant attention aux « échafaudages de l’esprit » et à l’idéologie ;

- Se poser les bonnes questions, interroger les évidences ;

- Faire face à la complexité en se référant à des valeurs et des repères simples ;

- Ne pas faire ce que l’on ne comprend pas ;

- Ne pas faire aux autres ce qu’on ne voudrait pas qu’ils nous fassent ;

- Stopper les tentatives de solutions infructueuses, éviter de persévérer dans une voie sous le seul prétexte qu’on s’y est engagé (pied dans la porte et engrenages) ;

- Se poser la question du sens et de la finalité de l’action ;

- Penser globalement et agir localement : toujours faire le pont entre la stratégie et l’action.

 

Le bon sens tient compte de la complexité des projets et de l’environnement. Il consiste à garder une vision d’ensemble, à prendre le recul nécessaire à la décision, à savoir poser les bonnes questions en revenant à des repères simples. Faire preuve de bon sens, c’est accepter « l’inaction », toute apparente, qui permet de préparer la prise de décision de façon méthodique et raisonnée en tenant compte des enjeux. Dans un environnement qui se complexifie et devant la contraction du temps, le bon sens est pour le manager un antidote à la précipitation, ainsi qu’une garantie de prendre des décisions raisonnées et non « absurdes » (cf. le livre de C. Morel « Les Décisions absurdes »).

 

Chacun de nous possède un « capital de bon sens » qu’il doit apprendre à cultiver dans des environnements variés et complexes. Le bon sens s’éduque et se travaille au quotidien afin d’aiguiser son jugement et sa capacité de discernement. Le bon sens requiert des qualités spécifiques, comme par exemple :

- Une « vision grand angle », pour obtenir d’un seul coup d’œil une idée cohérente et complète de la situation. Celle qui permet de voir les choses de haut, de faire la part entre l’important et l’accessoire.

- La volonté de comprendre en poussant l’analyse jusqu’au bout, pour faire éclater le tout en ses différentes composantes, pour adopter et tenir compte de points de vue divers, pour varier les angles, etc.

- La capacité à reprendre de la hauteur pour regrouper les éléments en un tout cohérent, procéder au tri et décider.

Mais aussi : la maîtrise de l’ego, la capacité d’écoute tous azimuts, la prise en compte des risques, la capacité à cibler les compétences, à s’entourer et à utiliser les ressources de l’environnement…

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Jean-François 03/09/2009 17:18

Je suis bien d'accord avec vous sur la nécessité de revenir au bon sens. Combien de décisions absurdes chaque jour par manque de bon sens chez certains dirigeants. Il y a les cérébraux qui font des plans sur la comète, déconnectés de toute réalité; et il y a les "speedy gonzales" qui se jettent dans l'action sans même réfléchir ni peser la portée de leurs actes.

Les Auteurs 03/09/2009 17:34


En effet, le bon sens permet d'éviter ces deux écueils.
Et si le bon sens, c’était au fond savoir conjuguer à la fois l’intuition et la raison ?
L’intuition est essentielle chez les dirigeants pour explorer l’inconnu, prendre des risques ; mais le danger survient si l’intuition est livrée à elle-même, si elle n’est pas soutenue par une
réflexion méthodique et solide. A l’inverse, une démarche trop analytique peut finir par brider, voire paralyser la prise de décision.
Dans la réalité, est-ce que le bon sens, ce n’est pas le savant dosage de l’intuition et du raisonnement ?