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L'Alchimie des talents

La Théorie du "point fort"

19 Novembre 2012 , Rédigé par Les Auteurs Publié dans #Réflexions

http://media2.corbisimages.com/CorbisImage/hover/17/25/3580/17253580/Corbis-42-17253580.jpgSelon cette théorie pédagogique et managériale, il importe de repérer les points forts des collaborateurs et de leur faire des feed-back uniquement sur ce plan. C’est ainsi que dans les sports de combat, le sportif finit par s’entraîner principalement sur les prises qu’il réussit le mieux, celles qui vont s’avérer les plus performantes sur le tatami : inutile de passer du temps à corriger indéfiniment des prises problématiques. Autant se concentrer sur son domaine d’excellence. 

Dans le management, cette théorie est sensée favoriser l’émergence du talent : les collaborateurs sont plus motivés, ils sont mis en situation de réussite, choyés dans les domaines où ils réussissent le mieux.

Poussée à l’extrême, la théorie du point fort produit pourtant des effets pervers. Elle oublie qu’avant de se centrer sur leurs points forts, les sportifs passent par une multitude d’étapes : parfaire les gestes, s’entraîner... Elle oublie aussi que les sportifs reçoivent dans le stade un feed-back immédiat : ils peuvent mesurer leur performance en direct, évaluer leurs progrès ou leurs insuffisances. En entreprise, le feed-back est rarement aussi irrécusable et immédiat. S’entendre dire en permanence que tout va bien peut alors devenir angoissant... Quels seront mes critères d’évaluation objective si je récolte systématiquement un feed-back positif ? Chez d’autres, un feed-back trop positif a l’effet inverse. 

Les journaux regorgent d’anecdotes sur ces sportifs à qui l’on a répété qu’ils étaient des stars, des champions imbattables, et qui finissent par le croire ou s’en trouver écrasés, et y anéantir au pied du mur toutes leurs capacités.

Combien de collaborateurs désabusés se sont entendus dire qu’ils étaient des battants invincibles, jusqu’au jour de leur licenciement ? L’un d’eux explique : « J’aurais dû me douter que ça n’allait pas : depuis quelques temps, mon patron me souriait curieusement et me disait juste : C’est bien, tu fais du bon boulot. Et non plus : Super ! que ferions-nous sans toi ! » La théorie du point fort poussée à l’extrême dispense les collaborateurs du courage d’un feed-back authentique. Toute perspective d’échec est abolie, jusqu’au jour où le couperet finit par tomber.

En matière de feed-back, il faut donc savoir mesure garder...

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